Go to Top

Pourquoi la détection des mensonges n’est jamais fiable à 100 %

Déceler la tromperie chez une personne relève de l’art et non de la science.

Toutes les techniques de body-language utilisées pour la détection des mensonges, expliquées dans de nombreux livres sont extrêmement théoriques, et se basent sur des observations et non des faits scientifiques. Les travaux de Paul Ekman sur les micro-expressions faciales se rapprochent beaucoup d’une démonstration scientifique, mais ne peuvent en aucun cas être pris pour argent comptant. De nombreuses théories divergent sur les réactions liées au mensonge, ou même à la gestuelle quotidienne. Là où une personne éternue, une autre y décèlera l’expression d’une insatisfaction refoulée découlant d’un complexe Œdipien. Une connaissance parfaite de toutes les théories existantes ne permettrait pas plus de 80% de réussite lorsqu'on cherche à faire la différence entre un mensonge et une vérité, uniquement en jugeant les indices corporels.

L'expression des émotions est universelle

L'expression des émotions est universelle, que nous soyons Français, Tanzanien ou Hobbit.

Un  raccourci commun est de penser que tous les hommes ont des réactions différentes, par éducation, culture ou « race ». Ce n’est pas tout à fait exact. Le genre Humain possède de très nombreuses réactions communes. Le poing serré lors de l’énervement, l’érection en réponse à une attirance physique forte, le rire, l’expression des émotions primaires telles que la joie, la colère, la peur, le mépris ou la tristesse… les exemples sont légion. Il convient cependant de nuancer, en observant les réactions différentes d’une culture à l’autre. Ici aussi les exemples sont nombreux : en occident on associe le regard à gauche au passé, alors qu'en orient il représente l’avenir. La source de cette distinction est simple : on écrit de gauche (du passé) à droite (vers l’avenir) en occident, et l’inverse dans les pays arabes. Les asiatiques sont connus pour dissimuler leurs émotions par le sourire autant que possible, et ainsi de suite. Comme souvent, la réalité ne correspond pas à une réponse ferme, et tous ceux qui prétendront que la gestuelle est universelle ou au contraire est entièrement liée à la culture sont des charlatans.

Si cet art ne correspond pas à une science exacte, il est possible, comme tout art, de l’améliorer et de le maîtriser en s’approchant chaque jour de la perfection. Cela passe avant toutes choses par le développement d’un sens aigu de l’observation. Pas une observation telle que nous pensons en être doté, mais une réelle discipline au quotidien qui permettra à terme de noter des choses extrêmement précises sur l’attitude d’une personne sans même y penser. Un inspecteur de Scotland Yard était connu pour mettre un caillou dans sa chaussure pour se rappeler d’observer tout ce qui se déroulait autour de lui en essayant de le mémoriser. S’il ne retenait guère au début que les couleurs principales des vêtements des personnes croisées, il pouvait à force d’entrainement restituer des situations complexes en donnant de très nombreux détails. L’entraînement transforme l’effort en réflexe.

 

 

Lors de la recherche de la vérité, deux menaces pèsent systématiquement comme des épées de Damoclès sur la tête de toute personne en quête de réponse. La première est simplement de ne pas croire la vérité.

À être persuadé d’une chose, on tend à vouloir l’entendre. Un mari convaincu de l’infidélité de son épouse n’aura de repos que lorsque celle-ci aura confessé son adultère. Si cette dernière est innocente, elle aura bien du mal à le prouver à son époux jaloux. Il faut être extrêmement prudent lorsque l’on cherche la vérité, et toujours se demander si on accepterait toutes les réponses envisageables. Si ce n’est pas le cas la quête est vaine, car biaisée par nos émotions.

Deux menaces principales guettent celui qui cherche le mensonge : ne pas croire la vérité, ou interpréter les signes de défense comme des preuves de tromperie.

La deuxième menace a été popularisée par William Shakespeare dans Othello. Le héros éponyme est persuadé de l’infidélité de sa femme, amour de sa vie. Lorsqu’il la confronte, celle-ci se défend et montre à son époux tous les signes de la tromperie, alors qu’elle est innocente. L’angoisse de ne pas être cru alors qu’on ne dit que la vérité, rien que la vérité, toute la vérité peut amener le suspect à montrer de nombreux signes de tromperie. Si l’œuvre de Shakespeare fini tragiquement, il nous appartient de nous méfier de cette possibilité, et d’envisager que les signes fournis par notre observation soient faussés par les émotions de l’une ou l’autre des parties.

 

Quand bien même il existerait une méthode infaillible pour déceler la vérité de la tromperie, en avons-nous réellement envie ? S’il était possible de repérer immédiatement les gens qui ne révèlent pas exclusivement leurs pensées véritables, les rapports humains en seraient très atteints. Nous aimons nous faire tromper dans une certaine limite, sur des mensonges ayant une intention initiale positive. Quant aux mensonges plus conséquents, est-il systématiquement bon d’avoir la vérité ? L’histoire a montré à plusieurs reprises que l’on peut mentir à une population pour son plus grand bien. Cet art est à maîtriser et exercer avec beaucoup de réserves et précautions : le retour de flamme pourrait être dévastateur.

 

la détection des mensonges peut conduire à des conflits

Cet article fait partie de la catégorie "Pot pourri". Cliquez ici pour découvrir d'autres articles similaires !

Partagez cet article!

  • Facebook
  • Twitter
  • Delicious
  • LinkedIn
  • StumbleUpon
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS

Commentaires

commentaires

, , , , , , , , ,

Commenter